Tellement différent...la suite dune allemande qui débarque en France
C'est vrai...
quand je suis arrivée je trouvais mon entourage plutôt crade.
Le quartier des Chartrons était encore assez populaire il y a quinze ans, avec les poubelles débordantes qui traînaient dans les rues, les voitures garées n'importe comment et le distributeur de seringues au coin du cours de la Martinique. (Si, si, je n'invente pas, il était un peu caché dans un renfoncement, mais il était là.)
Le skate park était un endroit un peu glauque et craignos où mes enfants ont vu des querelles et menaces au couteau et à la bombe lacrymogène entre des gars un peu paumés et surtout pas d'accord.
Vous allez me dire qu'ils ne sont probablement toujours pas d'accord aujourd'hui, mais l'ambiance a quand même sacrément changé et s'il y a des querelles aujourd'hui dans la rue (ça arrive hein) il y a toujours deux ou trois personnes qui essaient de calmer le jeu. (A part à quatre heure du matin peut-être).
Et puis dans les appartements, ce n'était pas la propreté impeccable dont j'avais l'habitude en Allemagne.
En même temps, entretenir au cordon un appartement dans un immeuble mal entretenu du 18ème, ça relève d'un challenge, que dirais-je, d'un auto-sacrifice!
Mais il y a autre chose derrière cette négligence apparente: un coté bohème et relax. Le français a grandi dans l'ancien, il habite dans l'ancien, il côtoie l'ancien tous les jours.
Il aime l'ancien en général parce qu'il aime l'histoire que ces immeubles, ces villes, ces parcs racontent. Il est attaché à son histoire, à celle de son pays et à celle de sa famille. (D'ailleurs j'étais toujours surprise de constater que les français passent en principe leur vacances d'été "en famille". Tout ce que l'on essaie d'éviter à tout prix en terme de vacances en Allemagne.)
Alors en Allemagne, déjà, rien n'est vieux, ni ancien. Si on a de l'ancien, on le rénove, on le polit jusqu'à la totale disparition de son âme, parce que l'histoire en Allemagne, on ne veut pas trop en entendre parler (vu mon post précédent).
Par ailleurs, il faut que les immeubles soient conformes à la règlementation en vigueur au niveau thermique et au niveau sécurité. Donc, vous trouverez des menuiseries en PVC ou en aluminium flambant neuves à tout bout de champs, qui bien sûr isolent comme il faut, mais qui enlaidissent au passage d'un petit coup de main les quelques immeubles de l'époque de l'art nouveau que l'on peut encore trouver si on cherche bien.
Sinon, dans les centres villes en Allemagne (puisque tout a été détruit, par les bombes ou par la connerie humaine) vous errez parmi des immeubles construites à la va vite dans les années 50/60 d'une mocheté sans nom.
Mais dedans, dedans c'est PROPRE!
Tout est nickel, toujours. Tu peux manger du sol et boire dans les toilettes.
Qu'est-ce que je me suis prise la tête pour que ma maison soit toujours impeccable et rangée.
A Stuttgart il existe même une coutume qui s'appelle 'Kehrwoche' (balayage de la semaine). Quand tu es locataire, tu es obligé de t'inscrire dans le planning de l'immeuble pour le nettoyage des communs et du TROTTOIR devant l'immeuble. Et chaque semaine ça tourne. Et gare à toi si tu n'as pas bien fait. On va t'assassiner! Ou pas loin.
Quand les enfants étaient petits, on avait aménagé dans un quartier très chic, très résidentiel et...très riche.
Faut le dire, c'est l'endroit en Allemagne où vivent le plus de millionnaires au mètre carré.
Et nous, avec notre côté artiste et notre style de vie improvisé, avec notre jardin à la française (créé par un ami qui jouait au paysagiste à ses heures perdues), notre entrée tout en gravier et notre vieille mercedes orange, on détonnait pas mal dans le quartier.
Autour de nous, que des maisons, ben non des villas, archi-soignées, avec de la pelouse coupée aux ciseaux à ongles (non mais vraiment), des entrées avec des pavés toujours balayés, des parterres de fleurs super bien entretenus et des grosses, très grosses voitures garées devant.
Alors ça, l'allemand et sa voiture, c'est une histoire d'amour inconditionnelle.
D'ailleurs, l'Allemagne est le pays de la voiture. Tout est aménagé pour que tu puisses rouler, circuler sans encombres et vite. Tu as des places de parking partout et un réseau de transport en commun qui fonctionne mal, qui est cher ou qui est inexistant.
Et quand tu cherches au beau milieu de la semaine le piéton en centre ville, celui qui fait des courses ou va au travail, ou fait du shopping, c'est simple, il n'y en a pas. Non je ne rigole pas, il y a presque personne dans les rues, ils sont tous en voiture ou derrière leur bureau ou à la maison en train de nettoyer ou en train de trimballer leurs enfants d'un endroit à un autre dans leur 4x4.
(J'exagère à peine).
Les voitures que tu vois dans les rues sont toutes neuves, très propres et plus grosse mieux c'est.
L'engouement pour le 4x4 peut que venir d'Allemagne, je vous le dis.
Et si tu as le malheur, quand tu te gares, de toucher, TOUCHER, le pare-choc de la voiture devant, on te poursuit en justice. Tu as fait une égratignure sur le pare-choc, mais oh eh, la voiture est abimée à vie! Une amie s'est fait insulter une fois vivement parce que, en sortant de son véhicule, elle a frôlé la voiture d'à coté avec son manteau. Ce n'est pas une blague.
Ils m'exaspèrent les allemands.
Et une fois derrière le volant, ils oublient leur contenance et leur rigueur d'un coup et ils deviennent des dingues. Pire qu'un parisien. Ils roulent trop vite, trop près, toujours pressés, toujours énervés.
Et sur les autoroutes c'est la guerre. Si tu as le malheur de posséder une petite voiture avec un moteur pas très puissant, attention à tes pauvres nerfs. Tu va essayer de doubler laborieusement un camion (qui roule trop vite aussi, mais pas assez vite pour toi) sur cette autoroute à quatre voies (si, si, c'est très fréquent) mais tu vas te faire klaxonner, tu vas récolter des appels de phare et tu auras à coup sûr un fou qui arrive à 180km/h et te colle à trois centimètres derrière jusqu'à ce que tu dégages enfin de sa voie. Mais non eh, avec ta petite bagnole...
Prendre l'autoroute en Allemagne c'est un survival training.
Et ben ici, tu n'as pas ça. Sur les autoroutes on roule calmement et on te laisse doubler avec patience.
Quand j'arrive avec mes courses une fois par semaine, je m'arrête en warnings devant mon immeuble et je décharge mes sacs dans le couloir, personne ne m'engueule, personne ne me klaxonne. De temps en temps ça m'arrive même qu'une âme charitable m'aide à sortir mes courses du coffre.
Et puis tu as du monde dans les rues, il y a de la vie, il y a une solidarité de quartier, de voisinage qui rend la vie plus douce et plus joyeuse.
Vive la France hein!?
A suivre...
quand je suis arrivée je trouvais mon entourage plutôt crade.
Le quartier des Chartrons était encore assez populaire il y a quinze ans, avec les poubelles débordantes qui traînaient dans les rues, les voitures garées n'importe comment et le distributeur de seringues au coin du cours de la Martinique. (Si, si, je n'invente pas, il était un peu caché dans un renfoncement, mais il était là.)
Le skate park était un endroit un peu glauque et craignos où mes enfants ont vu des querelles et menaces au couteau et à la bombe lacrymogène entre des gars un peu paumés et surtout pas d'accord.
Vous allez me dire qu'ils ne sont probablement toujours pas d'accord aujourd'hui, mais l'ambiance a quand même sacrément changé et s'il y a des querelles aujourd'hui dans la rue (ça arrive hein) il y a toujours deux ou trois personnes qui essaient de calmer le jeu. (A part à quatre heure du matin peut-être).
Et puis dans les appartements, ce n'était pas la propreté impeccable dont j'avais l'habitude en Allemagne.
En même temps, entretenir au cordon un appartement dans un immeuble mal entretenu du 18ème, ça relève d'un challenge, que dirais-je, d'un auto-sacrifice!
Mais il y a autre chose derrière cette négligence apparente: un coté bohème et relax. Le français a grandi dans l'ancien, il habite dans l'ancien, il côtoie l'ancien tous les jours.
Il aime l'ancien en général parce qu'il aime l'histoire que ces immeubles, ces villes, ces parcs racontent. Il est attaché à son histoire, à celle de son pays et à celle de sa famille. (D'ailleurs j'étais toujours surprise de constater que les français passent en principe leur vacances d'été "en famille". Tout ce que l'on essaie d'éviter à tout prix en terme de vacances en Allemagne.)
Alors en Allemagne, déjà, rien n'est vieux, ni ancien. Si on a de l'ancien, on le rénove, on le polit jusqu'à la totale disparition de son âme, parce que l'histoire en Allemagne, on ne veut pas trop en entendre parler (vu mon post précédent).
Par ailleurs, il faut que les immeubles soient conformes à la règlementation en vigueur au niveau thermique et au niveau sécurité. Donc, vous trouverez des menuiseries en PVC ou en aluminium flambant neuves à tout bout de champs, qui bien sûr isolent comme il faut, mais qui enlaidissent au passage d'un petit coup de main les quelques immeubles de l'époque de l'art nouveau que l'on peut encore trouver si on cherche bien.
Sinon, dans les centres villes en Allemagne (puisque tout a été détruit, par les bombes ou par la connerie humaine) vous errez parmi des immeubles construites à la va vite dans les années 50/60 d'une mocheté sans nom.
Mais dedans, dedans c'est PROPRE!
Tout est nickel, toujours. Tu peux manger du sol et boire dans les toilettes.
Qu'est-ce que je me suis prise la tête pour que ma maison soit toujours impeccable et rangée.
A Stuttgart il existe même une coutume qui s'appelle 'Kehrwoche' (balayage de la semaine). Quand tu es locataire, tu es obligé de t'inscrire dans le planning de l'immeuble pour le nettoyage des communs et du TROTTOIR devant l'immeuble. Et chaque semaine ça tourne. Et gare à toi si tu n'as pas bien fait. On va t'assassiner! Ou pas loin.
Quand les enfants étaient petits, on avait aménagé dans un quartier très chic, très résidentiel et...très riche.
Faut le dire, c'est l'endroit en Allemagne où vivent le plus de millionnaires au mètre carré.
Et nous, avec notre côté artiste et notre style de vie improvisé, avec notre jardin à la française (créé par un ami qui jouait au paysagiste à ses heures perdues), notre entrée tout en gravier et notre vieille mercedes orange, on détonnait pas mal dans le quartier.
Autour de nous, que des maisons, ben non des villas, archi-soignées, avec de la pelouse coupée aux ciseaux à ongles (non mais vraiment), des entrées avec des pavés toujours balayés, des parterres de fleurs super bien entretenus et des grosses, très grosses voitures garées devant.
Alors ça, l'allemand et sa voiture, c'est une histoire d'amour inconditionnelle.
D'ailleurs, l'Allemagne est le pays de la voiture. Tout est aménagé pour que tu puisses rouler, circuler sans encombres et vite. Tu as des places de parking partout et un réseau de transport en commun qui fonctionne mal, qui est cher ou qui est inexistant.
Et quand tu cherches au beau milieu de la semaine le piéton en centre ville, celui qui fait des courses ou va au travail, ou fait du shopping, c'est simple, il n'y en a pas. Non je ne rigole pas, il y a presque personne dans les rues, ils sont tous en voiture ou derrière leur bureau ou à la maison en train de nettoyer ou en train de trimballer leurs enfants d'un endroit à un autre dans leur 4x4.
(J'exagère à peine).
Les voitures que tu vois dans les rues sont toutes neuves, très propres et plus grosse mieux c'est.
L'engouement pour le 4x4 peut que venir d'Allemagne, je vous le dis.
Et si tu as le malheur, quand tu te gares, de toucher, TOUCHER, le pare-choc de la voiture devant, on te poursuit en justice. Tu as fait une égratignure sur le pare-choc, mais oh eh, la voiture est abimée à vie! Une amie s'est fait insulter une fois vivement parce que, en sortant de son véhicule, elle a frôlé la voiture d'à coté avec son manteau. Ce n'est pas une blague.
Ils m'exaspèrent les allemands.
Et une fois derrière le volant, ils oublient leur contenance et leur rigueur d'un coup et ils deviennent des dingues. Pire qu'un parisien. Ils roulent trop vite, trop près, toujours pressés, toujours énervés.
Et sur les autoroutes c'est la guerre. Si tu as le malheur de posséder une petite voiture avec un moteur pas très puissant, attention à tes pauvres nerfs. Tu va essayer de doubler laborieusement un camion (qui roule trop vite aussi, mais pas assez vite pour toi) sur cette autoroute à quatre voies (si, si, c'est très fréquent) mais tu vas te faire klaxonner, tu vas récolter des appels de phare et tu auras à coup sûr un fou qui arrive à 180km/h et te colle à trois centimètres derrière jusqu'à ce que tu dégages enfin de sa voie. Mais non eh, avec ta petite bagnole...
Prendre l'autoroute en Allemagne c'est un survival training.
Et ben ici, tu n'as pas ça. Sur les autoroutes on roule calmement et on te laisse doubler avec patience.
Quand j'arrive avec mes courses une fois par semaine, je m'arrête en warnings devant mon immeuble et je décharge mes sacs dans le couloir, personne ne m'engueule, personne ne me klaxonne. De temps en temps ça m'arrive même qu'une âme charitable m'aide à sortir mes courses du coffre.
Et puis tu as du monde dans les rues, il y a de la vie, il y a une solidarité de quartier, de voisinage qui rend la vie plus douce et plus joyeuse.
Vive la France hein!?
A suivre...
| Charmant tout simplement! |
| Le désuet...comme un tableau... |
